Les actus
Tourisme
La crise modifie le tourisme régional
Régine Spinglard, présidente du Comité Régional de Tourisme Nord-Pas de calais donne le ton : « Si l'année 2008 a été une année exceptionnelle grâce au succès de Dany Boon, le tourisme a été rattrapé par la crise en 2009. » Les activités hôtelières sont décevantes et l'on note une baisse significative de la clientèle britannique. Derrière ces conclusions accablantes, sachons interpréter les chiffres...
Un tourisme des 4 saisons Christian Berger, directeur adjoint du Comité, explique l'importance de penser les chiffres dans leur globalité : « L'économie touristique de la région s'étale sur l'année. Le taux d'occupation des hôtels est ainsi plus important avant et après la période juillet-août, grâce au tourisme d'affaires ». Les voyageurs qui viennent à Lille retournent dans les 3 à 6 mois pour visiter le reste de la région. La ville est en quelque sorte un produit d'appel qui renvoie aux communes avoisinantes.
Les campings tirent leur épingle du jeu
La baisse du taux d'occupation dans l'hôtellerie est plus significative dans le Nord (- 5,7 points) que le Pas-de-Calais (- 3,8 points), et est d'autant plus importante dans le haut de gamme. Étant donné la crise, les campings sont les grands gagnants de 2009, surtout ceux proposant des emplacements nus, où l'on pose sa toile de tente sans rien payer de plus.
Équipements touristiques attractifs La force de la région réside dans son offre culturelle riche, où la hausse de fréquentation est quasi générale. Le zoo de Lille reste leader en nombre d'entrées, tandis que la Piscine de Roubaix connaît la plus forte progression avec + 14,1 %. Chantal Freté, directrice marketing de Nausicaà, souligne le nombre stable de visiteurs : « Nous n'avons que 10 visiteurs de plus que l'année précédente, ce qui est inouï au vu du nombre d'entrées ! » Mais les touristes ont « fondu comme neige au soleil », selon ses dires, pendant les vacances de Noël, où le temps capricieux a joué en leur défaveur.
Modification des comportements Valérie Sobriewski, responsable de la promotion du Comité Départemental Pas-de-calais, revient sur les conséquences de la crise : « Les Français n'ont pas sacrifié leurs vacances, mais ont voyagé autrement ». Ce qu'on appelle les « city breaker » sont monnaie courante à Lille selon Bruno Goval, de l'office de tourisme de Lille : « La ville est la destination la plus attractive pour les touristes, qui voyagent moins longtemps mais plus souvent et utilisent des transports low cost ». Les produits forfaitisés qui réduisent la facture, comme le city pass à Lille, connaissent ainsi un franc succès.
Un dynamisme de l'offre La région a créé des événements qui ont su redorer son image. Jean-Marie Prestaux, directeur de l'office de tourisme d'Arras, le confirme avec le succès du Main Square Festival d'Arras, qui outre ses 87 000 visiteurs, a fait rayonner la cité internationalement. Le marché de Noël ou le festival du film d'Arras, sont autant de grands événements « qui participent à l'atomicité de l'offre, et donc à garder le touriste sur le sol plus longtemps. »
Vers un tourisme de niche Pierre Dhenin, directeur des espaces naturels Lille métropole, en prenant l'exemple du parc Mosaïc, dont le taux de fréquentation augmente de 20 à 25 % tous les ans, rappelle « le tourisme de jardin et de nature est en plein essor » L'engouement est tel qu'il y a peu de temps, un groupe de Chinois est venu visiter le parc de la petite commune d'Houplin-Ancoisne... dans le cadre d'une visite de l'Europe! Imaginez le potentiel de ces espaces verts ! Autre péché mignon des Chinois, les golfs, qui représentent chez eux le summum de la réussite sociale.
Des idées à creuser pour dynamiser le tourisme local par une nouvelle clientèle prometteuse...
Texte: Audrey WILLIART
|
José Ambre
Jeu concours
Ça vient de sortir
Le journal en ligne
|